un temps pour soi
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Vendredi 07 Juillet 2006. Je reprends ce journal pour la troisième fois je crois. Avec quelques kilos supplémentaires à la clé. Je n'y arrive visiblement pas. A suivre un régime, classique, traditionnel. Je viens de consulter ma énième nutritionniste. Et faire mon énième prélèvement carte bleue pour l'achat de la énième poudre de perlimpinpin. Sauf que là, elle m'a prévenue : seule, elle ne peut rien pour moi et victime de ce que l'on appelle traditionnellement des "compulsions" alimentaires, elle me dirige vers une consoeur psychologue. Mon problème n'est pas nutritionnel mais psychologique. Mon rapport à la nourriture est faussé, mon rapport à mon corps est faussé, mon rapport aux autres tout autant. Intuitivement, je sais qu'elle a raison. Mais je n'en peux plus de la spirale infernale restriction-relâchement. Depuis peu, je m'enferme. Je refuse le contact, les sorties, les autres, le soleil et l'eau sur ma peau. Je ne supporte pas qu'on me touche. Et mon corps se déforme, tranquillement, inexorablement. Une tendance dépressive et auto-destructrice. Et plus je lutte, plus je m'enferre. C'est un signe ça non ? De ne pas prendre le problème par le bon bout ? Au fond de moi, je sais pourquoi. Le tout est d'aller en parler, avec tous les risques encourus... En attendant, j'applique la seule vraie franche porte de sortie : essayer de me nourrir, de manger pour me nourrir. Retrouver la faim, le plaisir. Ah, oui, le plaisir : le faire entrer à nouveau dans ma maison, dans ma vie...Et puis surtout, me retrouver, moi, pour de vrai, pour de bon : je me suis un peu perdue, pour de vrai. Je ne me reconnais plus. Et surtout pas dans cette "grosse" bonne femme que je croise parfois dans le reflet des miroirs. Manger est la seule liberté que je me donne : alors réinstituer dans ma vie le plaisir, le vrai, le fort, le beau,le mien. ...................................... Première mesure : je vais mettre ma balance dans un recoin éloigné de ma maison et ne la ressortir que dans plusieurs semaines. Son contact rapproché rythme ma vie depuis des lustres. Deuxième mesure : retrouver mon corps, quel qu'il soit. Y compris tel qu'il est aujourd'hui. En prendre soin par exemple et cesser de le négliger. Troisième mesure : commencer à noter mes sensations alimentaires (ce que je mange, avec qui, quand, avec quel degré de faim et de satiété). Ecouter ma faim et repartir à la recherche de mes sensations alimentaires. Quatrième mesure : partir à ma rencontre... Cinquième mesure : me donner un sujet de satisfaction au moins une fois par jour, ou tout du moins y penser de temps en temps, à me faire plaisir ;-)) Bien, on verra ... ........................................ Mardi 11 Juillet 2006. Forcément pour la balance cela n'a pas tenu... On dira que c'était seulement pour "m'assurer" ... J'essaie comme prévu de faire entrer le "plaisir" dans ma vie. Et d'arrêter de me mettre des oeillères devant les yeux. Arrêter de faire semblant de ne pas voir à quel point je vais dans "le mur". Un événement sur lequel je vais passer discrètement me laisse entendre que cela devient urgent de faire quelque chose et en particulier d'aller consulter un, en l'occurrence, une "spécialiste". Je suis rattrapée on dirait par mes vieux démons et à l'aube de la cinquantaine, je réalise que je n'ai ABSOLUMENT rien résolu. Et puis cette angoisse permanente du lendemain. Un détail : hier je me suis acheté un magazine de décoration. Remarque de l'homme au retour : "Tu veux te faire du mal ?". C'est drole (pardon pour les accents circonflexes, mais j'ai des soucis avec le clavier on dirait !), cela m'a fait l'effet d'une espèce d'électrochoc. Je venais juste de rentrer d'un cours particulier donné dans une maison extraordinaire, une de ces maisons sorties tout droit de la Recherche ou du pays de Claudine, avec un intérieur incroyable ... Sa remarque m'a blessée, tout simplement. Ce matin, grande première : je vais à la plage seule. Il faut dire les choses clairement : j'y vais seule parce que je n'ai personne avec qui y aller. Il va faire très chaud aujourd'hui et je vais en profiter pour y aller très tot. Je reviendrai peut-etre. ........................................ Samedi 15 Juillet 2006. Je continue à laisser ma balance de coté. Je parcours quelques journaux et je suis effrayée. De tous ces maux, tous ces mots, toutes ces douleurs, ces "combats", cette masse de frustrations. Moi, je laisse tomber. Vraiment. Je fais autrement. Jeudi je vois ma nutritionniste et je vais le lui annoncer. La "restriction" ne me vaut rien. Dix-ans de régime, 15 kilos supplémentaires. Non, franchement, je prends les choses autrement. C'est vers moi que je me retourne. Je me suis laissée à un moment donné au bord de la route, je me suis perdue de vue. ........................................Je me suis levée ce matin, huit heures. ...Et j'ai décidé de manger lorsque j'aurai faim. A 15 heures trente, contre toute attente, je n'avais toujours rien dans le ventre !!! Je suis sortie faire des courses en décidant de n'acheter que ce qui me ferait plaisir à manger, sans considération aucune de diététique ou autre. J'ai acheté de quoi me faire une vraie mousse au chocolat. Une vraie de vraie. De la faisselle, du saumon fumé, des petits pains bio, du comté, du jambon (du vrai, à faire avec des pâtes au beurre ;-)), du râpé, deux cuisses de poulet fermier, des rattes, d'énormes abricots, du mesclun... A 17 heures, toujours à jeun mais avec une certaine faim, je me suis régalée d'une belle assiette de mesclin (nature !), de deux petites tranches de saumon, accompagnées d'un petit pain au sésame, tartiné de beurre frais. J'ai mâché lentement, j'ai savouré les différents goûts. A 19 heures, j'ai savouré lentement deux grosses cuillerées à soupe de mousse au chocolat maison. C'est fou, ces deux cuillères me suffisent largement. Alors que si j'avais comme j'en ai la coutume, décidé de me livrer à un "dernier" repas avant la reprise d'un vrai régime pur et dur, je me serais sans doute descendu dans le même laps de temps, une grande danette au chocolat, du fromage, des gâteaux, une ou deux plques de chocolat ... Alors que là, de me dire : tu manges ce que tu veux, sauf que tu restes attentive à tes sensations et tu t'arrêtes dès que les aliments ont moins de goût, j'ai sans doute divisé par 10 le nombre de calories ingérées... ! Et il y a fort à parier que je vais plutôt avoir envie d'un fruit ou d'une assiette de légumes verts... |
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Dimanche 16 Juillet 2006. Juste un petit tour pour noter la "pesée" (oh, le joli mot ;-(()... Je reviendrai faire sans doute le point ce soir. |
| Date | Poids | Perte | Cumul | | 07/07/05 | 81 | | 11/07/05 | 79,5 | 1,5 | 1,5 | | 16/07/06 | 79,1 | 0,400 | 1,9 |
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